Comme de nombreux autres pays occidentaux, tels que la France, le Canada et l’Angleterre, la Suisse, et plus spécifiquement le canton de Vaud, se sont interrogés à la fin du XXe siècle sur la nécessité d’un cours en matière de religions, face à un monde de plus en plus multiculturel. Après de nombreux débats et discussions – qui ont toujours lieu actuellement – l’enseignement de l’éthique et cultures religieuses (ECR) est finalement introduit dans le cursus scolaire en 2012 et associé à la branche de l’histoire ; cette nouvelle discipline remplace alors l’enseignement de l’histoire biblique. Malheureusement, j’ai pu constater, au cours de mes stages et remplacements que, dans de nombreux établissements, les enseignants d’histoire, chargés de l’apprentissage de l’ECR, ne l’enseignent que très peu, voire nullement. Face à cette problématique, je me suis rendue dans un collège du nord-vaudois pour y questionner les enseignants d’histoire sur leurs rapports à l’ECR, en les interrogeant plus précisément sur leurs représentations de cette branche, leurs manière de l’enseigner ainsi que les problèmes qu’ils rencontrent et les solutions qu’ils envisageraient. Au travers d’entretiens semi-directifs, j’ai pu récolter des données me permettant de mettre en lumière les différentes problématiques et tensions autour de l’enseignement de l’ECR. En me basant sur des écrits et recherches menées dans d’autres pays occidentaux dans lesquels se dispense un enseignement en matière de religions, j’ai pu comparer mes résultats et mettre en avant des problèmes similaires à ceux des autres pays. A l’issu de cette recherche, trois éléments principaux ont été relevés : le manque de formation des enseignants en ECR ayant de grandes répercussions sur leur enseignement de l’ECR, le rapport délicat des enseignants, et plus généralement de la société, à la religion et enfin l’association problématique de l’ECR à la branche de l’histoire. Tout ceci peut expliquer en partie les raisons de la difficile mise en place de l’ECR sur le terrain et la réticence de certains enseignants à l’enseigner.