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Ce mémoire questionne le rapport des élèves au dictionnaire qu'elles et ils doivent acquérir au début de leur formation au gymnase. L'étude s'est penchée en parallèle sur deux groupes du gymnase de Beaulieu : une classe de première année d'Ecole de culture générale et une classe de première année d'Ecole de maturité. Sur la base d'un questionnaire et de textes argumentatifs rédigés par les élèves, cette recherche aboutit à la conclusion que les gymnasien·ne·s voient leur dictionnaire comme « lourd » et « encombrant », à la fois objet de curiosité et d'ennui, parfois source de tristesse ; et que cet ouvrage est tout simplement terrassé par leur téléphone. Les élèves soulignent que, pour le même prix (une centaine de francs), leur dictionnaire est incomplet, tandis qu'un téléphone leur donne accès à tous les mots sur Internet, de manière facile et rapide. Outre l'étude sur le rapport des élèves à leur dictionnaire, ce mémoire a pour objectif de mettre sur pied une séquence d'enseignement de trois périodes permettant le développement d'une réflexion critique des gymnasien·ne·s face à un ouvrage qui leur a souvent été présenté comme un évangile en matière de langue. En début de séquence, une majorité d'élèves partage l'idée selon laquelle un mot « existe » s'il se trouve dans le dictionnaire. En travaillant sur leurs propres mots du quotidien (comme bicrave, haagrah, atchoumer, gadji, etc.), ainsi que sur des exemples tirés de plusieurs dictionnaires et sur le répertoire de la chanteuse malienne Aya Nakamura, la séquence permet d'amener les élèves à verbaliser et expliquer de manière critique et argumentée le caractère incomplet de leurs dictionnaires. En fin de séquence, les élèves appellent leurs parents et les maisons d'édition à mieux prendre en compte leur lexique, sachant que le contenu d'un dictionnaire est issu d'un choix arbitraire effectué par des lexicographes professionnel·le·s.

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