Files

Abstract

Dans la littérature pédagogique, l’humour est presque inexistant. Ceci est sans doute lié au statut de l’enseignant·e qui a une fonction considérée comme sérieuse et que le risible risquerait de discréditer. Néanmoins, malgré cette vision du métier, bon nombre d’enseignant·e·s utilisent quotidiennement diverses formes d’humour (sarcasme, ironie, blague, etc.). Plusieurs travaux ont d’ailleurs démontré différents avantages occasionnés par l’utilisation de l’humour comme une stimulation de la mémoire, l’optimisation du climat de classe, l’amélioration de la cohésion de groupe et de la relation entre élèves et enseignant·e. Tout en considérant ces nombreux bienfaits, l’hypothèse peut également être faite que l’humour agirait comme un habillage pédagogique susceptible d’engendrer des malentendus socio-cognitifs auprès des élèves. C’est pourquoi nous avons mené une recherche ayant pour objectif de lier l’humour que nous avons qualifié de « bienveillant » à la compréhension d’un sujet et l’engagement des élèves en classe. Pour ce faire, nous avons passé en revue plusieurs points de vue concernant l’humour et nous nous sommes appuyées sur la théorie cognitive afin de mieux comprendre ce phénomène. Puis, à partir de la question : “Dans quelles mesures l’utilisation de « l'humour bienveillant » agit sur les apprentissages et sur l’engagement des élèves du cycle 2, en français et en mathématiques ?”, nous avons mis en place des leçons humoristiques et analysé de quelles manières cette méthode d’enseignement pouvait influencer les apprentissages et l’engagement des élèves. Pour interpréter nos résultats, nous nous sommes aidées d’un questionnaire de compréhension, d’un questionnaire d’appréciation, des moyennes semestrielles des élèves et d’une grille d’observation. Les conclusions tirées ont permis de constater que l’humour a de nombreux avantages pour la classe, notamment au niveau du climat instauré ou de l’engagement des élèves. Toutefois, nous constatons également qu’il peut agir comme un brouillage cognitif. En effet, la compréhension de l’humour implique un certain coût cognitif et rend les savoirs implicites voire transparents. Ceux-ci ne sont, dès lors, utiles que pour les élèves ayant déjà l’habitude de secondariser.

Details

Actions

Preview