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Abstract

Les études portant sur la thématique du sens au travail ne manquent pas ces dernières années. La crise de la modernité, pour reprendre l’expression de Dubet (2002), n’épargne en effet que bien peu de domaines professionnels. Cependant, dans bon nombre d’études consultées sur le sujet, les caractéristiques d’un « travail qui a du sens » semblent souvent acceptées comme faisant «sens en soi», indépendamment des dispositions propres du travailleur. Cette constatation semble d’ailleurs être partagée par Bernaud (2018) qui, dans sa synthèse sur les travaux de psychologie portant sur le sens à l’école, au travail et à la retraite, déplore le fait que « beaucoup de productions scientifiques s’appuient sur des échelles qui mesurent un aspect du sens, donnant une coloration superficielle au problème. » (p.105). Prenant acte de la réflexion de Bernaud, le présent travail de recherche s’attèle dès lors à décrypter les processus subjectifs d’élaboration et de détermination du sens du travail en milieu scolaire en adoptant une approche d’ordre phénoménologique qui, selon Meyor (2005) invite à dépasser le monde perçu comme un « en-soi » et à opérer une conversion du regard permettant « de mettre en lumière les actes de conscience par lesquels nous constituons le monde en termes de sens ». Par « processus », il est donc entendu que le travail ne détiendrait pas de sens en soi, mais que le sens du travail relèverait plutôt d’un processus interne au sujet. Afin de marquer cet écart avec les concepts de « sens » ou de « signification », le concept de « sensification » a donc été développé pour les besoins de cette étude et définit comme suit : processus subjectif et dynamique par lequel un individu investit son action d’une signification qui lui est propre. Finalement, en s’intéressant au sens du travail dans un milieu professionnel fortement institutionnalisé, la présente recherche ne peut faire l’économie de la relation acteur-institution. A cet égard, une attention particulière a également été portée aux dispositions individuelles et institutionnelles en postulant que l’alignement de celles-ci seraient un facteur déterminant de la sensification du travail.

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