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La question de la norme vestimentaire scolaire est une problématique d'actualité qui a été notamment illustrée dans différents cantons romands ces dernières années par la tentative d'imposer l'uniforme à l'école à travers des textes de loi soumis à votation. Au sein des écoles, le débat autour du règlement vestimentaire est présent chaque année de manière récurrente dans les salles des maîtres : certain-es enseignant-e-s veulent un règlement strict, alors que d'autres préfèrent agir au cas par cas. Ces situations engendrent parfois des votations en début d'année, comme ce fut le cas dans un collège vaudois au sujet de l'interdiction du training. Notre travail de recherche a pour but de questionner les représentations de la décence vestimentaire d’un échantillon d’enseignant-e-s du secondaire 1 et leur appréciation de la tenue de leurs élèves ainsi que leur rapport au règlement scolaire. Par l’analyse d’un corpus discursif obtenu via des entretiens qualitatifs et selon la méthodologie de la théorisation ancrée, nous avons voulu fournir une description thématisée des rapports que les enseignant-e-s entretiennent au règlement vestimentaire scolaire, et à son application. Pour ce faire, nous nous sommes appuyés sur le concept sociologique de déviance à travers de trois axes d’analyse : la sexualisation et l’érotisation des vêtements de l’élève, l’appui sur les normes formelles ainsi que l’importance du cadre et du contexte scolaire. Nos résultats ont illustré que la majorité de notre échantillon tend vers une interdiction des vêtements ou styles vestimentaires qui transgressent les limites de la pudeur. Cependant nous avons aussi remarqué que les normes sociales et légales sont des éléments importants dans le jugement des enseignant-e-s. Pour finir, nous avons relevé une certaine cohérence entre les directives cantonales et les pratiques des enseignant-e-s voulant se placer dans système incorporatif visant à promouvoir la pluralité et la démocratie.

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